Grèce, qui va payer ? Pendant ce temps les mairies se serrent la ceinture…

Grèce, qui paye  ??

Je suis comme beaucoup de nos concitoyens sentimentalement attaché au maintien de la Grèce dans l'Europe. Cela veut il dire pour autant que le maintien dans l'Euro soit une solution viable ?

Après des nuits d'âpres négociations, on pourrait croire au visage réjoui de François Hollande que nous venons de vivre un grand moment d'histoire et que la France a joué un rôle dans ce moment particulier… Las, tout cela n'illustre que la distance de plus en plus considérable entre le discours politique de notre gouvernement et la réalité.

Tous les experts s'accordent sans même un débat sur le fait que la Grèce ne pourra rembourser une dette que cet accord, en nous autorisant à verser 82 milliards d'euro de plus dans ce puit sans fond, portera à plus de 300 milliards.

La France y est pour plus de 40 milliards !!

Sommes nous en bien meilleure forme que la Grèce ? La vérité est évidente, nous sommes un peu moins mal sans doute, mais tout aussi fragiles…

En renflouant une fois de plus nos amis grecs, avec la certitude croissante que la dette est perdue pour tous, nous prenons le risque de voir les taux d'intérêts internationaux, incroyablement bas, remonter. Qu'ils reprennent un ou deux points et il nous faudra, nous aussi, avaler une potion amère sans précédent pour boucler le budget de la nation…

Dans le même temps ou François et Angela distribuent nos économies, nous sommes mis en demeure par monsieur Valls de digérer un plan d'économie de 11 Milliards sur les collectivités locales, imposé lui aussi par l'Europe au nom de la rigueur budgétaire. Le résultat est d'ores et déjà violent et très concret pour nombre de nos concitoyens. Augmentations des impôts locaux dans la majorité des villes, hausses des tarifs des prestations municipales,

diminution des prestations offertes à nos concitoyens (places de crêches, services, réductions d'effectifs…) Pour notre ville de Fontenay aux roses, ce seront 2 millions d'euro à trouver sur le budget de fonctionnement, soit près de 10%, liés pour une part à l'héritage d'une mandature d'immobilisme, mais majoritairement dus à la diète obligée imposée par le gouvernement de monsieur Valls, pour rester dans les critères budgétaires européens, dont s'affranchissent allègrement les grecs, qui continuent à dépenser sans compter (peu de grecs payent des impôts, l'église orthodoxe est exonérée, alors même qu'elle est le plus gros propriétaire foncier grec, 580 professions prennent leur retraite à 50 ans, car considérées comme "dangereuses", parmi lesquelles les coiffeuses et les mannequins…)

Peut on croire un seul instant que ce curieux gouvernement où s'allient des orthodoxes nationalistes d'extrême droite et parti d'extrême gauche va mener la Grèce sur la voie du redressement économique ?

Dans le même temps également, l'Etat Français, loin de donner l'exemple est incapable de faire des économies, las ! En créant des métropoles sans supprimer un seul échelon départemental ou régional, il nous condamne à  une énième croissance de l'administration territoriale synonyme de gabegie budgétaire. Sur un autre plan, le laxisme de nos politiques s'accomode d'un nombre inimaginable d'agences gouvernementales (plus de 200 créées en 20 ans…) qui correspondent à une gabegie de dizaines de milliards supplémentaires.

Qui va payer ?

Nous, incontestablement.

J'ai une grande estime et une grande amitié pour le peuple grec. Aristote ne nous a t il pas déjà il y a plus de 2000 ans prévenu contre les risques de la démagogie et du manque de courage politique ?
Mais pour garder ses amis, il est peut être préférable de ne plus faire crédit….

Laurent vastel
Maire de Fontenay aux Roses 
Conseiller départemental