Discours de Laurent Vastel au Conseil municipal du 16 novembre

Discours prononcé en ouverture du conseil municipal du 16 novembre 2015 à la suite des événements tragiques du vendredi 13 novembre.

Discours de Laurent Vastel au Conseil municipal du 16 novembreChers concitoyens fontenaisiens, chers collègues

La France a connu vendredi soir la plus terrible attaque meurtrière jamais perpétrée sur son sol depuis la seconde guerre mondiale.

Face à un tel acte, nous sommes envahis par douleur et la  colère.

La douleur liée à la disparition sanglante et barbare de 129 de nos concitoyens, tandis qu’au moment même ou nous parlons près de 76 luttent encore contre la mort et que plus de 300 ont été blessés, parfois grièvement.

La France est en deuil.

Comme dans une famille, lorsqu’un proche disparaît, la douleur est immense. Ces 129 personnes tuées sauvagement vendredi étaient des hommes et des femmes de notre communauté, la seule qui compte, la communauté nationale. Et tous ceux qui en font partie, qui se reconnaissent dans une communauté de destin avec ceux qui sont morts, ceux-là font partie de la famille France, et portent aujourd’hui le deuil.

Rares sont ceux qui sont restés indifférents, ceux qui même parfois se sont réjouis. Fort heureusement les manifestations incongrues ont été fort rares, et ne concernent que quelques individus.  Mais je tiens à dire ce soir, alors même que la France accueille avec bienveillance tous ceux qui veulent partager son avenir, je tiens à dire que ceux-là  ne font pas partie de la famille, ceux-là ne font pas partie de la communauté nationale.

Car la seule ligne de partage qui soit réelle tient dans ce choix fondamental, elle ne correspond ni à des origines ethniques, religieuses, ou au fait d’être né ou non sur notre sol. Ceux qui ne se sentent pas concernés par le deuil qui est le nôtre s’excluent eux-mêmes de la communauté nationale, de notre communauté de destin. Et j’espère que certains qui prônent une attitude de mauvaise conscience éternelle de notre pays vis-à-vis de son histoire, ceux qui perpétuellement accordent des droits et jamais de devoirs, qui prônent la démission et la faiblesse face à de tels comportements, ceux qui déjà avaient trouvé des raisons et des excuses à l’attentat meurtrier de Charlie Hebdo, ceux là auront la décence, vis-à-vis des victimes de vendredi, de se taire.

Je vous demanderais dans quelques minutes de nous unir de façon symbolique dans une chaîne d’union pour partager ensemble un moment de recueillement à la mémoire de ceux qui sont morts vendredi, pour le soutien de leurs familles dans l’épreuve, et en pensant très fort à ceux qui luttent encore pour leur survie dans les hôpitaux de Paris, ou qui pansent leurs blessures après cette nuit d’horreur.

Si notre douleur est grande, notre colère est immense. Cette  colère qui est la nôtre est légitime. Le président de la république a souligné que l’acte exécuté la semaine dernière était un acte de guerre. En effet, il a été planifié, organisé et réalisé comme un acte de guerre. Il ne mérite toutefois même pas d’être qualifié d’acte de guerre car il s’agit d’un crime de guerre, le massacre de civils sans défense à l’arme lourde sans pitié ne peut être assimilé à un acte de guerre quand il s’agit d’une boucherie barbare.

Ceux qui ont fait cela sont envoyés par une organisation terroriste qui s’est baptisée Etat. Cette organisation doit payer pour ses actes, et notre pays doit répondre à cette barbarie de façon adaptée et déterminée. Les victimes du 13 novembre demandent et demanderont  justice à ceux qui ont commandité leurs assassinats.

L’Europe nous a apporté la paix après les deux conflits mondiaux les plus terribles de l’histoire de l’humanité. L’Europe n’a pas choisi de faire cette guerre car elle nous est imposée par des fous sanguinaires.

« …vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi. Or, c’est l’ennemi qui vous
désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles
protestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez l’ennemi, vous l’êtes. Et il vous
empêchera même de cultiver votre jardin »
écrivait Julien Freund.

Nous n’aurons de paix et de répit qu’en acceptant de faire la guerre aux barbares. Il ne s’agit plus d’une simple tournure de style que nous évoquions déjà en janvier dernier, après le premier commando contre Charlie. La guerre est bien réelle et dans un deuxième temps, après que nous ayons enterré nos morts et après réflexion, parce que la colère est mauvaise conseillère,  il nous faudra modifier de façon très sensible nos habitudes, nos mentalités, et nos choix de défense nationale pour assurer notre sécurité et régler définitivement le problème DAECH.  

Dans l’immédiat et pour ce qui concerne notre ville, nous devons continuer de vivre aussi normalement que possible car céder à la peur ou à la panique ne ferait que prêter main forte aux terroristes. De la même façon divulguer les rumeurs sans fondements ou les bruits variés qui ne manqueront pas d’être répandus ces prochaines semaines est une forme de complicité vis-à-vis de terroristes dont l’unique but est de créer la peur et la panique dans nos villes. L’unité doit être notre préoccupation constante.

Mes chers collègues, je vous propose de constituer une chaine d’union en prenant chacun de vos voisins par le bras et en le faisant également avec nos concitoyens fontenaisiens présents dans la salle.  Nous allons nous recueillir pendant quelques instants puis nous chanterons ensemble l’hymne national.

Vive la France, vive la république laïque et démocratique, vive la nation !

Je vous remercie