Mon discours lors du débat d’orientation budgétaire 2016.

Mes chers collègues

Dans quelques semaines nous fêterons le deuxième anniversaire déjà de notre élection à la mairie de Fontenay aux roses. Nous avions été élus devant le constat d’une ville à l’arrêt, dont le patrimoine était vétuste et dégradé, une ville négligée de nombreuses années dont le déclin commercial et démographique a peu d’équivalent dans le département des hauts de seine.

Nous nous sommes lancé dans cette aventure parceque ce constat nous était insupportable, et que nous avons foi dans notre ville, dans ses atouts et son charme, et que nous étions décidé, bien que conscients de la difficulté de la tâche, à nous engager ensemble, avec nos différences, pour le bien de Fontenay-aux-roses.

La première partie de notre mandat nous a permis la réalisation d’audit tant financier que patrimonial de notre cité. L’audit Mazars, dont la qualité a été saluée par monsieur Mergy, adjoint aux finances de la précédente municipalité, et qui pointait :

Une dégradation de l’excédent budgétaire pour arriver à un solde négatif,

Une absence totale de bénéfice des transferts de compétence opérés vers sud de seine. Des dépenses de personnel qui ont augmenté considérablement de 2010 à 2014, de 600 000 euros par an ! et qui concluait à la nécessité de mesures urgentes et à la nécessité de trouver 4 millions entre 2015 et 2017 pour sécuriser les comptes

Un audit du trésor, qui pointait une réduction de 85% de notre capacité d’autofinancement entre 2010 et 2014. Soulignant les conséquences d’une politique immobilière qui couplé à la perte d’attractivité de la ville a abouti à un fléchissement du nombre d’habitant aux conséquences  financières préoccupantes.

Nous avons pris l’engagement devant les fontenaisiens de redynamiser notre belle ville, de restaurer son attractivité  en la remettant en valeur et en relançant son commerce.

Nous avons pris l’engagement de le faire sans augmentation de la fiscalité, conscient déjà que ce challenge, compte tenu de la situation financière dégradée que nous avons trouvé en arrivant aux affaires serait difficile.

Pour atteindre ces objectifs, nous nous sommes fixés  comme premier impératif de restaurer une capacité d’autofinancement positive et d’assainir les comptes.

Nous avons donc mené une politique particulièrement rigoureuse de contrôle des dépenses, en premier lieu de personnel, qui représentait dans notre ville près de 70% du budget à notre arrivée aux affaires. Nous nous imposons une évaluation raisonnable des politiques publiques menées et vous avez ce soir le premier rapport d’activité des services municipaux de notre histoire, ce qui est la première condition de l’évaluation.

Le contexte , et surtout l’évolution de ce contexte depuis 2 ans, dans lequel nous menons cette difficile mission doit être souligné et détaillé. Ce gouvernement s’est livré à un désengagement sans précédent de sa participation financière aux collectivités locales, d’une brutalité sans précédent qui nous a placé dans une situation très difficile, comme d’autres communes, mais avec une acuité bien plus importante compte tenu de la médiocrité de la situation de Fontenay aux roses.

 

Qu’on en juge, ce sont près de 4800000 Euros de baisse de notre budget de fonctionnement (« 30 millions)conséquence tant du plan d’économie sur les collectivités locales que de la sortie des villes prioritaires pour la politique de la ville. 15 % de notre budget de fonctionnement supprimé, tant par les bisses de dotation ou de subventions que par les dépenses obligatoires imposées dans le même temps par l’état : réforme des rythmes scolaires (300KE), Agenda d’accessibilité (800KE), hausses de cotisations sociales (600KE).

Ces mesures sont une véritable agression correspondant à une remise en cause de l’échelon communal par le gouvernement socialiste, au profit d’une centralisation administrative réduisant le rôle des communes au profit des territoires et de la MGP voulue par la loi NOTR. Le gouvernement actuel veut supprimer les communes.

Toutes choses égales par ailleurs, en  l’absence de mesures énergiques, le déficit prévisionnel du budget serait de 3 millions d’Euro en 2018 et ne nous permettrait pas de boucler le budget.

L’analyse financière faite par nos services, qui vous sera d’ailleurs illustrée par JM Durand montre que pour assurer notre santé financière il nous faut trouver 2.3 millions d’Euros de recettes supplémentaires chaque année dès 2016.

A ce stade il convient de mettre en perspective les chiffres que nous avons déjà cités. 4.8 millions de réduction des dotations et subventions, et 2.3 millions à trouver, qui illustre l’action déjà menée et les mesures à venir d’optimisation des dépenses permettant de minorer au maximum l’impact de ces mesures brutales pour nos concitoyens.

Nous avons commencé en effet par optimiser les dépenses de personnel. Celles-ci n’ont augmenté que de 250 KE en 2014 et 200KE en 2015 (pour mémoire l’impact des mesures gouvernementales sur le personnel entraîne une hausse de 200KE et le GVT est de 150 KE). Cela correspond à une compression des dépenses salariales de la ville, pour la première fois depuis fort longtemps. Je tiens à saluer la mobilisation des agents et leur professionnalisme dans cette période difficile. Nous avons décidé de participer à la couverture sociale des agents en finançant leur mutuelle, et de revaloriser le régime indemnitaire dès cette année, en commençant plutôt par les catégories C. Ces mesures correspondent à un effort significatif de notre ville pour ses agents et les modalités pratiques en seront détaillées prochainement. Elle seront budgétées sur 2016 et mises en œuvre.

Cet effort a permis d’amortir autant que se peut l’impact des mesures gouvernementales. Sans les baisses de dotation de l’état nous aurions pu tenir notre engagement vis-à-vis des fontenaisiens qui était de ne pas augmenter la fiscalité. C’est la main forcée que nous avons du, en conséquence de ses mesures qui sont une véritable agression remettant en cause l’existence même de l’échelon communal, c’est la main forcé que nous avons du nous résoudre à actionner le levier de la fiscalité, sur les abattements d’abord, pour un montant de 800 000 euros, puis en actualisant les tarifs municipaux, en particulier les cantines pour un montant de 400 000 euros. Le solde devra nécessairement être pris sur la fiscalité locale, et nous nous battons pour que cette augmentation soit la plus limitée possible.

La nécessité de rétablir les comptes ne doit pas nous faire oublier les engagements de notre mandat.

Relancer le développement de notre ville, en se donnant pour objectif de revenir à une population de 25000 habitants, en privilégiant l’accession à la propriété dans une ville qui compte 43.5% de logements sociaux, largement plus que ce qui est exigé par les textes ou souhaitable pour l’équilibre financier de la ville. A ce titre rappelons nous que la vente d’ICADE à des bailleurs sociaux, opération voulue en 2012 par l’ancienne municipalité coutera en exonérations de TF environ 9 millions d’euros à la commune, qui devront être de ce fait pris en charge par les Fontenaisiens. La poursuite de la construction de logements sociaux, voulue par l’opposition, serait une aberration.

Relancer le commerce et l’attractivité de notre cœur de ville, c’est le projet de rénovation, de mise en valeur et d’embellissement de l’axe Boucicaut et de la rénovation des 3 places. C’est le projet de bio cluster au Panorama.

C’est aussi une politique de partenariat avec les entreprises fontenaisiennes, Philippe Ribato vous en parlera mieux que moi pour vous dire que parfois, un simple changement de mentalité, des détails peuvent faire beaucoup.

Redonner une dynamique et rénover notre ville Fontenay

La réalisation de cet objectif passe par la rénovation de notre patrimoine, bâti comme voirie. De façon coordonnée et progressive, c’est l’objet des PPI sur la voirie et les bâtiments qui vous seront détaillés ce soir par les adjoints en charge, et en particulier pour les travaux qui sont programmés cette année.

Il passe également par la modernisation du service public, du service rendu aux Fontenaisiens. C’est l’objet de l’évaluation rendue possible par la publication des activités des services, mais aussi par la modernisation de notre outil informatique. Ce point correspond à un effort important pluriannuel qui sera détaillé dans le PPI informatique qui sera détaillé par Dominique Lafon, ou de mesures plus limitées mais emblématique comme la dématérialisation des procédures et la suppression des documents papier qui va rapidement voir le jour. Cette modernisation informatique permettra l’instauration d’un guichet unique pour toutes les démarches, possibles sur internet, et permettra la modernisation de notre site internet.

La rénovation de notre ville passe aussi par la rénovation des quartiers Scarron et des Blagis, qui se poursuivra cette année avec l’arrivée des projets urbains.

Notre action concerne aussi bien sur et surtout la vie quotidienne des Fontenaisiens avec une attention particulière à maintenir et améliorer les services rendus et à les faire évoluer positivement.

C’est pourquoi  nous sommes particulièrement attachés au partenariat avec les associations qui forment dans notre ville un tissu riche et dynamique. Dans ce contexte difficile que nous venons de décrire, nous avons souhaité maintenir le niveau d’effort de notre cité envers les associations. Le volume de subventions aux associations inscrit au budget sera maintenu à son niveau de 2015.  Encore une fois et dans le contexte actuel c’est un effort très important. Les modalités d’attribution évoluent, pour plus de transparence, car subvention ne veut pas dire rente à vie, et que la ville attribuera désormais les subventions jusqu’alors distribuées par le conseil départemental, sur la base de projets associatifs. Ces nouvelles modalités permettent de suivre les évolutions normales de la vie associative, des associations apparaissent, d’autres cessent leur activité ou font évoluer leur statut juridique et se transforment, comme le CCJL, qui devient un EPA. Le service de la vie associative est désormais dans des locaux adaptés à ses missions et je remercie l’opposition d’avoir accepté un déménagement qui permet l’amélioration des conditions de travail de nos agents.

Le quotidien et la première condition du bien vivre est la sécurité et cette année verra la poursuite de l’adaptation de la PM aux missions qui sont les siennes et qui évoluent aussi compte tenu de la menace terroriste. Nous verrons emménager la PM dans ses nouveaux locaux, l’installation des caméras pourra être effective et les amplitudes horaires des rondes progresser.

Le bien vivre c’est aussi la solidarité. Cette année verra la livraison de l’ABS et de l’évaluation par les services du département des actions sociales menées sur Fontenay-aux-roses par le département. Parce que les temps sont durs, parce que l’argent est rare la solidarité est plus que jamais nécessaire et elle a plus que jamais le devoir d’être donnée à ceux qui en ont le plus besoin.

Ces évaluations permettront de mesurer les défis liés au vieillissement de la population, qui appellent à de nouvelles prestations, parfois anecdotiques mais importantes pour le lien social et la lutte contre l’isolement, comme les thés dansants désormais trimestriels, mais aussi toute la problématique du maintien à domicile et du handicap.

Cette année verra un effort de mise en accessibilité de nos installations et de l’espace public, mais aussi une expérimentation  de l’institut des hauts de seine, le projet Juvenior, qui permettra à 300 fontenaisiens âgés de bénéficier des services d’une plateforme associant suivi et conciergerie de service, sous la coordination du CMS.

Par ailleurs, et dans le cadre de la rénovation des Blagis, j’ai le plaisir de vous rappeler l’ouverture dans quelques semaines désormais d’une antenne départementale de Femmes sans Frontières et la mise en place d’une AMO qui permettra de rassurer les habitants sur le respect des engagements pris par hauts de seine Habitat comme sur le déroulement de l’opération.

Voici  les éléments que je souhaitais porter à votre connaissance à l’occasion de ce débat d’orientation.

Merci