L’Open Data, un levier créateur de valeur ajoutée

L’exigence de transparence envers les citoyens, mais aussi la volonté d’offrir un accès simple et rapide aux administrés ont amené les pouvoirs publics à doter leurs administrations d’un service d’accès aux données publiques communément appelé « Open Data ».

Cette volonté de transparence n’est pas si récente. En effet, le législateur ouvrait la voie dès 1978 par une obligation de communication des documents administratifs dans des formats ouverts, en données brutes et aisément réutilisables. Ainsi, les citoyens disposent de droits nouveaux leur permettant d’accéder et de consulter les documents administratifs détenus par leurs administrations.

Toujours dans le volet législatif, la communication des données est élargie par la loi NOTRe (7 août 2015) qui étend ces accès aux données publiques, aux collectivités territoriales de plus de 3500 habitants ainsi qu’aux EPCI à fiscalité propre auxquels elles appartiennent.

Le législateur a néanmoins prévu certaines limites qui ont pour but de protéger la vie privée. Les données personnelles ou qui permettent d’identifier des personnes par recoupement sont proscrites.

Cette ouverture ne doit, cependant pas présenter des risques pour la sécurité publique. Dans ce contexte de post-attentat 2015 et de l’Etat d’urgence, le Département des Hauts-de-Seine a ainsi suspendu la diffusion de la photo aérienne du territoire dont il dispose.

Le souci de transparence des données, de protection de la vie privée ainsi que celle de la sécurité publique ne doivent pas occulter les formidables opportunités que peut procurer l’Open Data.

Au-delà des précautions dont il faut évidemment tenir compte, l’exploitation des données en accès libre peuvent offrir, d’une part un lien de rapprochement entre les citoyens et leur administration. Elles peuvent aussi améliorer la qualité du service public. D’autre part, elles sont source d’opportunités nouvelles pour le monde économiques surtout envers les start up. Le partage et la valorisation des données créent de nouvelles opportunités. De grandes entreprises mondiales n’hésitent plus à mettre en partage certaines de leurs données afin de créer de la co-création et de la co-innovation.

L’exploitation de ces données brutes appelle à une valeur ajoutée que l’on n’aurait pas pu envisager sans ce libre accès. D’aucun appelle l’Open Data, le pétrole de demain. Sans pousser à l’extrême cette comparaison, on peut imaginer une foule d’applications et de services pour le quotidien, dans l’e-santé, ou l’industrie ou une multitude d’autres domaines. Il y a donc un réel enjeu à tirer de nouveaux usages de l’accès libre des données.

Enfin, il convient de dire quelques mots sur l’Open data dans les Hauts-de-Seine. Le Département porte, en effet, un grand intérêt dans la mise en ligne de ses données administratives. Au-delà de l’obligation légale que la loi impose à chaque collectivité, la nôtre n’y échappe pas, notre exécutif y attache une grande importance. Le président du Conseil départemental, Patrick Devedjian, m’a d’ailleurs confié la tâche, en plus du très haut débit, de m’occuper de l’open data. La création d’une délégation pour ce domaine démontre notre volonté d’en apporter une plus-value.

L’open data des Hauts-de-Seine ne se contente pas de délivrer des données. Elle se veut aussi comme un espace d’échanges pour les usagers. Ces derniers peuvent publier leurs commentaires ou partager leurs suggestions via une boîte à idées. Les plus avertis peuvent échanger leurs travaux de développement avec la communauté des ré-utilisateurs. Elle est aussi un vecteur d’innovation et d’opportunités économiques pour les entreprises de notre territoire.

En somme, notre volonté et à la fois d’éclairer le débat public, mais aussi de faire réussir les initiatives entrepreneuriales.