Fermetures de classes : bienvenue dans la réalité Mme Le Fur

Fermetures de classes : non, ce n’est pas une surprise, mais une réalité connue depuis des années. Démographie en baisse, fuite des familles, manque de logements : les causes sont identifiées, les choix aussi. Plutôt que chercher des responsables, il est temps d’assumer les décisions qui s’imposent.

FONTENAY-AUX-ROSESJOURNAL DES ÉLUS

Laurent Vastel

4/3/20262 min read

Fermetures de classes : bienvenue dans la réalité Mme Le Fur !

Fermeture de 4 classes dans notre ville à la rentrée prochaine : Jean Macé, Roue B, Les Ormeaux, Les Renards.

Notre nouvelle maire s’en offusque, écrit au DASEN, et met en cause « l’absence d’anticipation de son prédécesseur » ! Un peu facile ! Tous les ans depuis dix ans apparaissent des projets de fermetures de classes, et nous nous sommes battus aux côtés des enseignants et des parents pour les limiter au maximum. Souvent avec succès, mais sans jamais de succès total.

Pour une raison incontournable : notre ville perd 30 à 50 enfants par an d’âge scolaire, près de 80 l’année dernière. Le problème n’est donc pas le nombre de classes mais de conserver des effectifs raisonnables dans les classes restantes, ainsi que les décharges pour les directeurs, afin de préserver les conditions d’enseignement. Cela a été notre ligne politique depuis 10 ans. Il est vain de penser que le DASEN puisse appliquer des règles dérogatoires à Fontenay, selon le principe d’égalité. On peut regretter les orientations de la politique nationale mais pas espérer des passe-droits à l’échelon local. C’est donc bien sur le nombre d’élèves qu’il faut se battre et non sur le nombre de classes.

Quant au défaut d’anticipation… La baisse de la démographie scolaire, comme du nombre d’habitants a été parfaitement documentée dès 2017 lors de la mise au point de notre PLU, et confirmée par une étude de la démographie scolaire en 2022.

En l’absence de constructions immobilières créant de nouveaux logements, c’est plusieurs milliers d’habitants en 2030 et un groupe scolaire qui sera fermé par l’éducation nationale. Les causes sont clairement identifiées : Baisse de la natalité, baisse du nombre d’habitants par logement, et perte de la mixité sociale dans certaines de nos écoles, entraînant une fuite de nombreuses familles vers l’enseignement privé. Pour le collège, c’est pire, avec par exemple une quasi absence d’enfants issus du quartier des Renards.

La seule réponse efficace consiste à laisser construire quelques immeubles afin de stabiliser la population et d’éviter à moyen terme la perte d’un groupe scolaire. C’est ce que nous avons fait depuis 2014, avec 450 logements construits, ce qui est très peu. Pendant ce temps l’opposition de l’époque multipliait les postures démagogiques en criant à la bétonnisation devant chaque chantier, au mépris le plus total de la réalité confirmée par chaque recensement.

Deux choix s’offrent à la nouvelle maire pour prévenir de nouvelles fermetures :

  1. Le premier de construire toujours plus des logements sociaux, alors que la ville en compte déjà 45%, aggravant l’absence de mixité sociale dans nos écoles et la fuite vers le privé. Solution contreproductive qui alourdit l’effort financier pour le scolaire du fait des facturations au quotient familial, et crée très peu de rentrées fiscales supplémentaires.

  2. La seconde de laisser construire des logements en accession à la propriété, secteur du parcours résidentiel très déficitaire sur Fontenay, générateur de rentrées fiscales supplémentaires, et permettant d’éviter une fermeture de groupe scolaire avant la fin du mandat, comme nous l'avons toujours défendu et comme nous le proposions ... Madame Le Fur devra-t'elle appliquer "le programme de Vastel" ?

Laurent Vastel.

Credit photo, le parisien 04/03/2024.